Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
21 février 2012 2 21 /02 /février /2012 14:57

 

Encore un poème de mon ami Jean-Pierre, il y parle d' adolescence, avec un regard bienveillant, avec  une certaine nostalgie, mais une nostalgie souriante, dénuée d' amertume ...

 

 

IF 03

 

 

 

 

Les adolescents.                 ( poème de J.P.S. )

 

 

Ils marchent dans la nuit comme dans mes souvenirs,
Et s'allument un clope qui passe de main en main
A l' heure impétueuse qui croit au devenir,
Ils se dégagent d' eux comme un grand souffle humain,
La conscience donnée à la force du vent.

Ils démontent l' idée qui leur tient tant à coeur,
Et discutent des heures sur l' Art et la Matière
Puis éclatent soudain d' un grans rire moqueur
Et vident en chantant quelques chopes de bière
A la santé rebelle de leurs dix-sept printemps.

Ils poursuivent  sans cesse d' impossibles chimères,
Jurant par tous les diables, qu' ils iront jusqu' au bout,
Sur le ton vacillant de la fausse colère,
Ils subissent déjà l' inexorable joug
Du temps, qui passe et qui prépare, les lendemains.

Ils se dressent tout droits face à la Vérité
L' embrassent sur les lèvres, lui font même l' Amour,
Ignorants comme ils sont, de leur maturité,
Qui se fera un jeu, au prochain carrefour,
De les catapulter chacun vers son destin.

Moi aussi j' en fus un*,   qui ruisselant de nuit
Marchais dessus le monde, dans toute mon arrogance.
J' étais en ce temps-là,  bien plus beau qu' aujourd'hui.
Que  jamais je n' oublie, ma fière adolescence,

Et que je sache au moins, me montrer digne d' elle,
Et que je tâche au moins, de lui rester fidèle.



*fusain : spécial dessinateur (note de l' auteur)

Repost 0
Published by Le vilain petit canard 66 - dans Poésie.
commenter cet article
17 février 2012 5 17 /02 /février /2012 17:59

Voici, pour les amateurs, un  poème particulier pour moi. Un poète que vous ne connaissez pas, et que vous ne trouverez pas, même chez les plus habiles fournisseurs. Fidèle à une réalité, je les ai vues ces files d'autocar, 5 h, 13 h, 21 h, les 3x8. Dans les années soixante, devant chez Masurel, Caulliez-Delahoutre, P.J.T. (Paul & Jean Tiberghien) et consorts ..... mon terroir du labeur.

Un ami très cher et proche, Jean-Pierre, pour qui nous nous étions cotisés, pour qu'il puisse publier, son petit livre de 96 pages;

à l'époque de nos (presque) trente ans. Ce petit livre rare à bien des égards, que j'ai trinqueballé dans mes pérégrinations.

De temps en temps, je l' ouvre et il me fait du bien, en dépit de sa mélancolie, il est aussi plein de tendresse cachée.

  Troublante et forte sensation, quand on s'est parlé au téléphone l'autre jour, tellement sa voix était pareille, tellement le lien s'est renoué, flash, tout de suite, comme si on s' était quitté l'avant veille.

Et ne pas croire que la "navette" c'est l'autocar  ~(;o))))

Voilà à quoi ressemble une navette de métier à tisser (1 AR sur 140 de large(ou +) en 1 seconde)

Hé  non, .... on n'est pas à Courchevel ni à Gstaaaaad .... la chanson est moins douce ..

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/4/48/V%C3%A4v%2C_Skyttlar.jpg

 

 

La chanson des navettes .      Poème de J.P. S.

Entendez-vous ce bruit ,
Qui transperce la nuit ?
C'est l'autocar des mines,
Rutilante chenille,
Qui amène ses filles
Travailler en usine.
 
Elles ne sont pas bien vieilles
Ces petites  abeilles
Qui se lèvent chaque jour,
Bien avant que l' aurore
Ne projettent son or,
Sur routes et faubourgs.

Qui montent et qui s' asseyent
La tête pleine de sommeil,
Pour rouler bien des heures
Vers ses lointaines villes
De l'industrie textile,
Qui consume les fleurs.

Certaines sont jolies
Qui rêvent et qui sourient,
A un autre univers
Les mettant hors d'atteinte,
Des éternelles contraintes
De ce monde à l' envers.

D'autres tout au contraire,
De leurs yeux grands ouverts,
Regardent leur destin
Et voient danser les fils,
Entre leurs doigts agiles,
Jusqu' au dernier matin.

Car dans les ateliers
Où rythment les métiers,
La chanson des navettes
Monologuant la vie,
Du lundi au samedi,
N' est pas air de goguette.

Filles qui m'entendez,
Puissiez-vous m' écouter,
Saviez-vous bien la peine
Qu' éprouve des gamines ,
Afin que s'illuminent,
Mille et un bouts de laine ?

Saviez-vous bien la peine
Qui traverse la plaine ?
Combien de petits jours
Noyant les illusions ?
Combien de soumission,
Pour un de vos atours ?



Repost 0
Published by Le vilain petit canard 66 - dans Poésie.
commenter cet article
13 août 2010 5 13 /08 /août /2010 07:17

Voici un texte que je trouve remarquable, et qui malgré sa relative brièveté, donne une sorte d' essence du natal pays. Cette terre flamande, qui a engendré tant de poètes, de peintres, de comédiens, et autres artistes, perceurs de brumes ...


Mon enfance captive ...

Mon enfance captive a vécu dans les pierres,
Dans la ville où sans fin, vomissant le charbon,
L' usine en feu dévore un peuple moribond,
Et pour voir des jardins je fermais les paupières ...

J' ai grandi, j' ai rêvé d' Orient, de lumières,
De rivages, de fleurs où l' air tiède sent bon,
De cités aux noms d' or, et,  seigneur vagabond,
De pavés florentins où traîner des rapières.

Puis je pris en dégoût le carton du décor,
Et maintenant, j' entends en moi l' âme du Nord
Qui chante, et chaque jour j' aime d' un coeur plus fort

Ton air de sainte femme, ô ma terre de Flandre,
Ton peuple grave et droit, ennemi de l' esclandre,
Ta douceur de misère où le coeur se sent prendre,

Tes marais, tes prés verts ou rouissent les lins,
Tes bateaux, ton ciel gris où tournent les moulins,
Et cette veuve en noir avec ses orphelins ...

Albert Samain.
(Le Chariot d' or)



Pour découvrir le poète et son oeuvre :

Cliques là l' ami(e) : link

Sont pas forcément des primitifs ... les Flamands ... et toutes les Flamandes
ne ressemblent pas à celles de la chanson du grand Jacques.

J'' en ai connu qui étaient d' assez réjouissantes luronnes ... et qui n' avaient pas froid aux yeux !

Un peu comme la Mathilde qu' est revenue ...

Avec des photos qui n' ont rien à voir, évidemment !
(cliquer sur l' album Arcs en ciel, à droite, pour voir le total )

 

CIMG1069

 

Une antithèse montagnarde, quoique, dans le Nord, les arcs en ciel
soient pareils, aussi lumineux, normal, .... c' est un vieux stratagème de peintre!

(Hé oui, sur fond gris, les couleurs "pètent" un max ....)

 

CIMG1072

 

  Merci  de votre passage et passez une bonne journée, ou une bonne nuit; c'est selon 

 


Repost 0
Published by Le vilain petit canard 66 - dans Poésie.
commenter cet article

Qu'est-Ce Donc ?

  • : Le Vilain Petit Canard 66.
  • Le Vilain Petit Canard 66.
  • : Peintures, dessins et autres travaux. Des photos de mon coin (Cerdagne et Pyrénées Orientales). Et, quelques textes ... parfois.
  • Contact

Qui-Je ?

  • Le vilain petit canard 66
  • Je m'intéresse à des tas de sujets différents, en essayant de les aborder de manière radicale, pas dans le sens actuel, teinté d' extrêmisme, mais dans le sens premier, etymologique : en allant à la racine. Et dans la joie et labonne humeur ~(
  • Je m'intéresse à des tas de sujets différents, en essayant de les aborder de manière radicale, pas dans le sens actuel, teinté d' extrêmisme, mais dans le sens premier, etymologique : en allant à la racine. Et dans la joie et labonne humeur ~(

Autres Pages