Peintures, dessins et autres travaux. Des photos de mon coin (Cerdagne et Pyrénées Orientales). Et, quelques textes ... aussi
Voici, pour les amateurs, un poème particulier pour moi. Un poète que vous ne connaissez pas, et que vous ne trouverez pas, même chez les plus habiles fournisseurs. Fidèle à une réalité, je les ai vues ces files d'autocar, 5 h, 13 h, 21 h, les 3x8. Dans les années soixante, devant chez Masurel, Caulliez-Delahoutre, P.J.T. (Paul & Jean Tiberghien) et consorts ..... mon terroir du labeur.
Un ami très cher et proche, Jean-Pierre, pour qui nous nous étions cotisés, pour qu'il puisse publier, son petit livre de 96 pages;
à l'époque de nos (presque) trente ans. Ce petit livre rare à bien des égards, que j'ai trinqueballé dans mes pérégrinations.
De temps en temps, je l' ouvre et il me fait du bien, en dépit de sa mélancolie, il est aussi plein de tendresse cachée.
Troublante et forte sensation, quand on s'est parlé au téléphone l'autre jour, tellement sa voix était pareille, tellement le lien s'est renoué, flash, tout de suite, comme si on s' était quitté l'avant veille.
Et ne pas croire que la "navette" c'est l'autocar ~(;o))))
Voilà à quoi ressemble une navette de métier à tisser (1 AR sur 140 de large(ou +) en 1 seconde)
Hé non, .... on n'est pas à Courchevel ni à Gstaaaaad .... la chanson est moins douce ..
La chanson des navettes . Poème de J.P. S.
Entendez-vous ce bruit ,
Qui transperce la nuit ?
C'est l'autocar des mines,
Rutilante chenille,
Qui amène ses filles
Travailler en usine.
Elles ne sont pas bien vieilles
Ces petites abeilles
Qui se lèvent chaque jour,
Bien avant que l' aurore
Ne projettent son or,
Sur routes et faubourgs.
Qui montent et qui s' asseyent
La tête pleine de sommeil,
Pour rouler bien des heures
Vers ses lointaines villes
De l'industrie textile,
Qui consume les fleurs.
Certaines sont jolies
Qui rêvent et qui sourient,
A un autre univers
Les mettant hors d'atteinte,
Des éternelles contraintes
De ce monde à l' envers.
D'autres tout au contraire,
De leurs yeux grands ouverts,
Regardent leur destin
Et voient danser les fils,
Entre leurs doigts agiles,
Jusqu' au dernier matin.
Car dans les ateliers
Où rythment les métiers,
La chanson des navettes
Monologuant la vie,
Du lundi au samedi,
N' est pas air de goguette.
Filles qui m'entendez,
Puissiez-vous m' écouter,
Saviez-vous bien la peine
Qu' éprouve des gamines ,
Afin que s'illuminent,
Mille et un bouts de laine ?
Saviez-vous bien la peine
Qui traverse la plaine ?
Combien de petits jours
Noyant les illusions ?
Combien de soumission,
Pour un de vos atours ?